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L’ETRANGER d’après Albert Camus

L’ETRANGER d’après Albert Camus

le samedi 22 juin 2024 à 20h30

et le Dimanche 23 juin à 17h30

L’étranger, Meursault, mystérieux et anticonformiste, employé de bureau à Alger reçoit un télégramme qui lui apprend  la mort de sa mère… Adaptation jouée et dansée.

“J’ai résumé l’Etranger, il y a très longtemps, par une phrase dont je reconnais qu’elle est très paradoxale: Dans notre société, tout homme qui ne pleure pas à l’enterrement de sa mère risque d’être condamné à mort. Je voulais dire seulement que le héros du livre est condamné parce qu’il ne joue pas le jeu. En ce sens, il est étranger à la société où il vit, il erre, en marge, dans les faubourgs de la vie privée, solitaire, sensuelle…”

Albert CAMUS


Habilement mis en scène par Avner Camus Perez et puissamment interprété par Kevin Messager auquel se rajoute la lumineuse présence féminine de Aurelie Kepes (chorégraphe et comedienne), le spectacle est constamment habité par une inquiétante étrangeté où l’absurde surgit à tout moment, de la répétition de phrases insignifiantes à des mouvements saccadés qui transforment les personnages…

Un va et vient constant entre la beauté des chorégraphies et l’ennui profond éprouvé par Meursault, parfois entrecoupé de cris de révolte, pour redécouvrir toute la force poétique et la portée philosophique du roman d’Albert Camus, qui a remporté le prix Nobel en 1957.

Auteur : Albert Camus
Artistes : Kevin Messager, Aurelie Kepes
Metteur en scène : adaptation et mise en scène : Avner Camus PEREZ

  • « Une adaptation théâtrale de L’Étranger ». On arrive plein de préventions – qui sont balayées en quelques minutes : non, le texte de Camus n’est pas utilisé ; il est servi, magnifiquement, par le découpage, la mise en scène, le jeu théâtral.
  •             L’espace scénique est simple et efficace. Tout est suggéré ; un voilage dira la sensualité du rapport de Meursault à Alger ou à Marie ; le jeu des éclairages rendra le soleil écrasant sur la plage d’Alger ; tenture lumineuse– et une voix off – représenteront quelques-uns des personnages secondaires….
  •             Pour le reste, l’acteur est – presque – seul en scène, caméléon qui rend prodigieusement la vanité sotte du directeur de l’asile, l’onctuosité de l’aumônier, la gouaille agressive de Raymond. Mais il est surtout Meursault : moins indifférent que concentré – intensément – sur l’instant, sur la vérité de l’instant, et sur la vérité de la parole qui rendra compte de cette vérité de l’instant ; le tour de force, ici, est dans la nuance.
  •             « Presque seul », ai-je dit, car la scène est aussi habitée par une présence féminine, à la fois forte et discrète ; l’actrice entre par moments dans le jeu pour être une Marie lumineuse ; mais, surtout, elle joue du violon : l’instrument accompagne Meursault en faisant résonner les harmoniques du personnage ; il fait parler les silences ; il suggère le non-dit et l’indicible.
  •             Car la pièce souligne avec force la problématique de la parole, manipulée et bâillonnée – mais aussi la parole affirmée, qu’elle soit directe ou indirecte. Tout cela est en connivence profonde avec le texte et la pensée de Camus.
  •             En repensant à ce trio – le metteur en scène, l’acteur et son accompagnatrice – les mots qui me viennent sont « intelligence » et « générosité ». Avec quelques images très simples, ils font naître une grande émotion.”
  • Agnès SPIQUEL
  • Présidente de la Société des Études camusiennes

Date

22 - 23 Juin 2024

Heure

20h30 - 17h30

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